La plate-forme française de partage de vidéos poursuit son expansion internationale.
En effet, 75% de l’audience de Daily Motion est réalisée hors de France, l’amenant à être considérée comme une alternative au géant You Tube (Google), qui enregistre 6,4 milliards de clips vidéo visionnés par mois aux Etats-Unis.
La naissance de Daily Motion remonte au boom du buzz vidéo. En 2005, Benjamin Bejbaum un jeune entrepreneur rentre d’un voyage aux États-Unis et veut montrer ses vidéos à ses copains. Pas facile : par courriel, les fichiers sont trop lourds à transmettre comme à stocker. Pour publier ses films, il lui faut à la fois une plate-forme de blogs, une capacité de stockage et de la bande passante. À l’époque, ce service n’existe pas. C’est ainsi qu’avec Oliver Poitrey, directeur technique, il lance en mars 2005 Shorttv.net, la première plate-forme acceptant la dépose de tout type de fichier vidéo, qu’un serveur encode en quelques minutes. Pour la petite histoire: Youtube, aujourd’hui leader mondial de la vidéo partagée, voit le jour aux États-Unis deux mois plus tard…
Très vite rebaptisé Dailymotion, le site démarre donc avec 350 000 euros et… une vidéo en ligne. Depuis, le site de partage de vidéos français a grandi et s’est élargi à 18 pays et 11 langues. Il compte plus de 47,9 millions d’utilisateurs (février 2009) et 15 millions de membres inscrits.

Olivier Poitrey, Benjamin Benjbaum
Nous nous sommes alors posés 2 questions:
Quel est l’essentiel de sa stratégie marketing internationale?
Celle-ci réside tout simplement dans la « viralité », le bouche-à-oreille de la Toile. « A ce jour, nous n’engageons aucune dépense en termes de publicité sur notre propre marque », souligne Frédéric Bellier, directeur de la régie.
Sur quels piliers repose ce business-model ?
Son savoir-faire et ses partenariats médias !
Son savoir-faire se traduit tant d’un point de vue ergonomique que technique, de la manière suivante: une simplicité des fonctionnalités, une haute qualité du flux vidéo, une facilité d’intégration pour les blogueurs et des chargements rapides, un design du lecteur, et un site très user-friendly tout comme la grande diversité des vidéos (+ de 150 000: B.O, souvenirs de vacances, pubs, émissions de télé, cours de maths, recettes de cuisine, adulte); le tout gratuitement.
« Notre objectif initial était de valoriser les créations personnelles des internautes » explique Benjamin Bejbaum. Le site est avant tout un outil qui permet à de petites communautés de diffuser gratuitement des contenus vidéo à une large échelle. Chaque fichier ne doit pas excéder 150 Mo, mais le nombre de fichiers est illimité. Une formule gagnante puisque le service affiche une croissance de 70 % par mois depuis sa création. »
Néanmoins, la diffusion en masse de vidéo à grande échelle n’est toutefois pas sans poser certains soucis techniques. A commencer par le besoin en bande passante, ressource primordiale pour une activité de réseau exigeant une qualité de service constante. Une contrainte technique qui a été maîtrisée dès le début par Benjamin Bejbaum qui avait déjà fondé à l’époque la société Iguane Studio, spécialisée sur l’hébergement de sites.
Ces faibles coûts de fonctionnement et la position de force de Dailymotion sur le marché français ont donc convaincu les fonds d’investissements. Selon diverses sources, cette dernière s’apprêterait à lever 7 millions d’euros, montant non confirmé par B. Bejbaum qui précise tout de même qu’il s’agira « d’une des plus belles levées de fonds françaises ».
Elle permettra à Dailymotion d’internationaliser son service en proposant des langues nouvelles pour son interface et en intégrant directement le service à l’étranger. Des nouveautés sont également en cours de développement, notamment au niveau de l’export, de la qualité des vidéos et du recrutement du personnel.
Une indication sur le business modèle que Dailymotion entend donc adopter. « La publicité sera une source de revenus mais le modèle dans son ensemble restera ouvert ». Il est d’ores et déjà prévu de rémunérer les créateurs de contenus en fonction du trafic généré grâce à leurs vidéos et des revenus publicitaires globaux de la plate-forme. « Mais l’aspect communautaire reste primordial pour nous« , conclu Benjamin Bejbaum.

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